2017, une année financière tout à fait normale
Corentin Scavée
08 Jan 2018

2017, une année financière tout à fait normale

2017 fut une année financière tout à fait normale, plutôt calme même. Dans les portefeuilles d’Easyvest, les actions mondiales s’apprécièrent de 8% pendant que les obligations souveraines de la zone euro restaient stables. Revenons sur quelques éléments clé qui ont façonné l’année financière.

Momentum of Solace

« Tout corps persévère l’état de mouvement dans lequel il se trouve à moins que quelque force n’agisse sur lui » édictait Newton comme première loi en définissant l’inertie. Ce principe d’inertie n’est pas limité à la physique et peut également être observé sur les marchés financiers sous le nom de « Momentum ».

Tout comme un corps en mouvement dans l’espace, rien ne semblait pouvoir arrêter les dynamiques de marché de 2016. Les actions continuèrent leur hausse post-électorale US, portées par les promesses électorales de Donald Trump en matière de relance économique et de fiscalité. Les obligations, quant à elles, baissèrent encore un peu, anticipant le resserrement de la politique monétaire accommodante de la Banque Centrale Européenne (BCE) dont la hausse des taux impacterait négativement le cours des obligations. Ces tendances continuèrent pendant deux mois avant que des forces extérieures liées aux devises ne viennent jouer les trouble-fêtes.

Skyfall

2017 sonna le glas du dollar roi. Celui-ci n’avait cessé de s’apprécier par rapport à l’euro depuis 2008. Bien que la majorité des analystes voyaient le dollar encore se renforcer en 2017, il atteignit son plus haut niveau face à l’euro le 4 janvier, se stabilisa ensuite pendant deux mois avant d’entamer une chute libre que rien n’arrêta, perdant en tout jusqu’à 15%. Cette forte correction fut probablement le résultat de l’anticipation par le marché d’une convergence des politiques monétaires européenne et américaine.

Les mouvements de devises, surtout ceux liés au dollar, ont un impact non négligeable sur les portefeuilles d’actions internationales. La baisse du dollar, 12% en 2017, contrebalança en effet la bonne progression des marchés d’actions américaines. A titre d’exemple, le S&P 500, principal indice boursier américain, s’apprécia de 22% en 2017. Cette belle performance ramenée en euro tombe à 7% pour l’investisseur européen. [(1+22%) * (1-12%)] - 1

Ces fluctuations de taux de change n’épargnent pas pour autant les valeurs européennes confrontées à un double problème. D’une part, leur compétitivité est affaiblie car la hausse de l’euro rend leurs exportations plus chères pour leurs clients américains ; d’autre part, la contre-valeur de leur chiffre d’affaires et de leurs avoirs en dollar est négativement affectée par la baisse de billet vert.

Casino présidentiel

Assez rapidement, les marchés se tournèrent vers une nouvelle élection qui avait la capacité de faire basculer l’Europe dans une nouvelle zone de turbulence. La France s’apprêtait à élire son président et l’issue était plus qu’incertaine. Cette incertitude électorale ajoutée à l’absence de réforme significative de la part de Donald Trump après 100 jours, mit un terme à la hausse rapide des marchés qui avaient gagné 7% en à peine deux mois.

Les échecs de la gauche modérée, les scandales de la droite républicaine, les attentats répétés et le marasme économique avaient pavé la route des extrêmes. Un duel entre Le Pen et Mélenchon se profilait pour le deuxième tour. Ces deux eurosceptiques notoires promettaient de faire trembler l’Union Européenne et de faire sortir la France de la zone euro, de quoi raviver les souvenirs de la crise de la dette européenne de 2011. Si cette menace impacta négativement les marchés d’actions, elle mit aussi fin à la chute des obligations rendant plus improbable la fin imminente du programme d’assouplissement monétaire de la BCE. Les taux cessèrent alors de monter et les obligations se ressaisirent progressivement.

C’est finalement Macron qui sortit en tête du premier tour en s’engouffrant dans le boulevard central laissé par le PS et les Républicains. La présidentielle était quasi jouée. Les chances de voir Le Pen devenir présidente étaient très faible. Malgré un score historique pour le Front National, Emmanuel Macron fut élu président, donnant un timide élan aux marchés.

Bons baisers de Russie

Ce regain d’optimisme fut rapidement freiné par de nouvelles craintes concernant Trump. Alors que son programme de réformes faisait du sur place, les menaces de destitution refaisaient plus que jamais surface. Pendant qu’un procureur mettait tout en œuvre pour réunir les preuves de lien entre la campagne électoral de Trump et la Russie, l’ancien chef du FBI, limogé par Trump, s’apprêtait à témoigner devant le congrès pour révéler les pressions de Trump concernant l’enquête du FBI sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle.

Le témoignage ne fut finalement pas aussi incriminant qu’attendu et le chaos politique américain fut évité. Malgré une chute de plusieurs pourcents, les marchés se ressaisirent progressivement jusqu’à l’été avant d’entrer dans une longue période de léthargie baissière.

Opération tonnerre

L’été se conclut sans que rien n’ait stimulé les marchés financiers qui avaient effacé tous les gains engrangés en début d’année. Une saison d’ouragans mouvementée vint clore cette période estivale accablant encore davantage les marchés qui anticipaient un impact important sur les profits des assureurs et sur la croissance américaine. L’ouragan Harvey frappa la Louisiane 10 ans jour pour jour après Katrina. Il ne fallut pas attendre une semaine pour que l’ouragan Irma pointe le bout de son nez menaçant directement Miami. D’une puissance inégalée, Irma promettait d’occasionner près de 150 milliards de dommages. L’ouragan baissa en puissance en dernière minute, évita Miami, et les dégâts furent largement revus à la baisse. Si cet ouragan fit énormément parler de lui, son impact sur les marchés fut limité et marqua la dernière baisse importante jusqu’en novembre.

Bien que la saison des ouragans soit derrière eux, les marchés n’osèrent pas rebondir trop fort en septembre craignant le mauvais résultat du gouvernement socio-démocrate sortant aux élections législatives allemandes. Mis à mal par l’extrême droite suite à la crise des migrants et abandonné par son partenaire de coalition le SPD, le CDU risquait de ne pas faire partie du prochain gouvernement. Cette défaite signifiait la fin du règne de 12 ans de Merkel comme chancelière, un âge d’or pour l’économie allemande, et présageait un climat peu propice à la cohésion d’une Union Européenne déjà secouée de toutes parts. Le score du CDU fut finalement meilleur qu’attendu, malgré un net regain de l’extrême droite. Soulagés d’entrevoir le maintien de Merkel, les marchés continuèrent leur hausse dès la fin septembre.

Docteur No-Taxes

Le rebond qui suivit fut renforcé Outre-Atlantique par les excellents résultats des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et un regain d’optimisme concernant la réforme fiscale promise par Trump. Celle-ci prenait forme, stimulant grandement le profit des sociétés américaines et promettant de rapatrier les liquidités maintenues à l’étranger par les multinationales. Les républicains avaient de surcroît la majorité aux deux chambres, de quoi faire passer aisément les nouvelles lois.

Des rumeurs concernant le report de la réforme pour des raisons budgétaires, et une défaite électorale en Virginie jetèrent toutefois un froid sur les marchés début novembre. Ce doute fut finalement levé le 2 décembre quand le Sénat américain vota de justesse en faveur de la réforme. Les marchés repartirent à la hausse jusqu’à la veille de Noël accumulant au total jusqu’à 10%.

Rien que pour vos yeux

A côté de tous ces évènements qui ont marqué la vie financière, d’autres évènements ont marqué l’actualité sans avoir réellement d’impact notable sur les marchés mondiaux d’actions. En Europe, ce fut le cas du referendum organisé en Catalogne qui n’impacta que les actions espagnoles. En Asie, la réélection du Shizo Abe au Japon avec un large plébiscite n’eut également qu’un impact positif local et modéré sur les marchés. Enfin, au Moyen Orient, la fin du conflit armé avec Daesh en Irak et en Syrie n’eut aucune conséquence perceptible sur les marchés.

Qu’en conclure?

2017 fut une année peu volatile, sans grande crise ni surprise. A l’exception d’une journée, les marchés d’actions restèrent en territoire positif toute l’année et ne montrèrent pas de signes de nervosité particuliers.

Malgré ce caractère calme en apparence, cette année boursière n’épargna pas nos émotions et nos biais cognitifs d’investisseurs. La hausse rapide du début d’année incita bon nombre à la prudence et la faible mais longue baisse qui suivit n’encouragea pas davantage à investir. Les marchés étaient tantôt trop haut, tantôt trop moroses. Une fois de plus, une approche systématique avec une vision à long terme était la meilleure manière d’opérer. S’il est aisé de déterminer a posteriori le bon timing d’un investissement en 2017, aucun moment n’était réellement mauvais et tout investissement au cours des 10 premiers mois aurait généré un rendement positif en fin d’année.

Au cours de cette année, les portefeuilles d’Easyvest auront finalement rapporté 8.4% pour la partie actions du monde et 0.1% pour la partie obligataire. En 2018, comme en 2017, l’équipe d’Easyvest est à vos côtés pour vous aider à investir et tenir le cap.


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