Votre pension légale est menacée : voici pourquoi
Matthieu Remy
Matthieu Remy
09 Nov 2020

Votre pension légale est menacée : voici pourquoi

La pension légale est une source de revenu essentielle, qui assure à un pensionné de toucher 60% de sa rémunération de travailleur. Néanmoins, ce ratio pourrait tomber à 40% avec l’évolution démographique qui met sous pression notre système de pension. Dans ces conditions, constituer une pension personnelle complémentaire est une nécessité.

Qu’est-ce que la « pension légale »?

La pension légale est la rente mensuelle versée par l’État à un retraité jusqu’à son décès. Elle porte également le nom de pension statutaire ou pension de sécurité sociale. Il s’agit du premier pilier du système de pension belge.

Les travailleurs paient les pensionnés

La pension légale est financée par un système de « répartition » : une partie de l’impôt sur le revenu payé aujourd’hui par les travailleurs est directement utilisée par l’État pour payer l’intégralité des pensions légales des retraités. Il s’agit d’un mécanisme social de transfert de richesse.

2 travailleurs financent 1 pensionné

En 2020, le budget pension de l’État s’élevait à €44Md qui furent collectés auprès de 4,5 millions de travailleurs actifs au bénéfice de 2,4 millions pensionnés. Un pensionné reçoit en moyenne €1.500/mois, tandis qu’un travailleur paie quelques €800/mois d’impôt pour le système.

Un contrat intergénérationnel instable

Le système de répartition ne fonctionne que si un équilibre est respecté entre travailleurs qui contribuent et pensionnés qui reçoivent. Or ce n’est plus le cas : il existe une série de causes structurelles vouées à persister sur la durée qui augmente la pression sur le système des pensions.

Des causes socio-démographiques

Cette pression est exercée par la « déformation » de la pyramide des âges, l’augmentation de l’espérance de vie et l’arrivée de plus en plus tardive des jeunes sur le marché de l’emploi. Tout cela dans un contexte où l’âge pivot de la pension, 65 ans, a évolué moins vite que ces transformations.

La cohorte des baby-boomers

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Belgique a vu le nombre de naissances exploser à 150.000 par an contre 115.000 aujourd’hui. L’arrivée massive à la pension de cette génération Baby-Boomers (1950-60) provoque un déséquilibre, principale cause de la pression sur le système.

L’augmentation de l’espérance de vie

En 1960, l’espérance de vie en Belgique était de 70 ans, en 2020 elle est de 83 ans. En d’autres termes, tous les 5 ans nous avons gagné une année d’espérance de vie. Cependant, l’âge légal de la pension à 65 ans n’a pas bougé depuis cette époque soit autant d’années en plus à financer.

Au fait, pourquoi la pension à 65 ans?

On raconte que le chancelier Bismarck, père de la retraite par répartition, avait consulté ses statisticiens pour fixer un âge à partir duquel le nombre de survivants n’aurait pas été trop élevé pour limiter le coût du financement nécessaire à l’instauration d’un régime de pension. A l’époque l’espérance de vie était de 40 ans. Cynique…

Entrée tardive sur le marché du travail

L’augmentation du nombre de pensionnés n’est pas compensée par une augmentation équivalente du nombre de travailleurs. Au contraire, la baisse des natalités et l’allongement des études diminuent le nombre de travailleur. En 2000, 50% des jeunes de 20 ans travaillaient vs. 40% en 2020.

-30% de pension légale si on ne fait rien

Si rien ne change au système actuel, la catastrophe est inévitable : la proportion de pensionnés va tellement augmenter que la pension légale passera d’ici 40 ans de €1.500 à €1.000/mois. En 2060, la moitié des pensionnés, soit 2 millions, vivront potentiellement sous le seuil de pauvreté (€1.085).

Un problème universel

Ce problème n’est pas un fait unique à la Belgique. Tous les pays développés qui ont adopté un système de retraite par répartition, soit la majorité des pays de l’OCDE, font face aux mêmes défis.

Pistes de solutions

Cette situation n’est pas une fatalité, le système de pension dans son ensemble pourrait être sauvé par une augmentation de l’âge légal de la pension, un travail sur la courbe démographique, une émission de dette de l’État ou une transformation vers un système d’épargne individuel.

Augmenter les taxes ou réduire les dépenses

Une augmentation de la taxation des travailleurs pourrait maintenir la pension légale, mais la taxation sur le travail est déjà fort élevée. Une réduction et réallocation de la pension légale de certaines classes plus aisées au profit des pensions légales plus modestes semblent plus probable.

Augmentation de l’âge de la pension à 67 ans

D’ici 2025 la pension légale en Belgique passera à 66 ans, puis à 67 ans en 2030. Cette augmentation est mathématiquement (pas nécessairement politiquement) la solution la plus évidente. L’effet de cette mesure aura pour conséquence d’augmenter la pension légale de 10%, soit 100€.

Employer les inactifs

Aujourd’hui, près de 2,5 millions de belges en âge de travailler pour contribuer au système des pensions sont inactifs, dont 500.000 chômeurs. La mise au travail, même partielle, d’une partie de ces 20% de la population soutiendrait grandement le système par leurs cotisations sociales.

Favoriser la natalité

Certaines politiques, notamment via des allocations familiales, visent à augmenter la natalité. Néanmoins, il faut 25 ans avant l’arrivée sur le marché du travail d’un nouveau-né, ce qui ne résoudra pas le problème de la pension légale à court terme.

Effet bénéfique de l’immigration

La Belgique compte une immigration nette de 46.000 personnes par an, dont la plupart sont des travailleurs contribuant immédiatement au système de cotisation des pensions. Certains observateurs affirment que la décision de l’Allemagne d’accueillir 1 million de migrants entre 2015 et 2020 fut motivée par l’opportunité de soutenir son système de pension.

Émettre de la dette

Un gouvernement a toujours l’option d’emprunter sur les marchés financiers, auprès d’investisseurs particuliers ou institutionnels, en émettant des obligations d’État. Cette dette pourrait servir à financer les pensions, mais cela reviendrait à reporter le problème sur la génération suivante.

Favoriser l’épargne individuelle

Finalement, les États pourraient continuer comme ils le font à favoriser l’épargne individuelle pour la pension. C’est-à-dire que les travailleurs cotisent eux-mêmes pour leur pension en capitalisant leurs économies, plutôt que de compter sur la répartition de la pension légale.

Notre prédiction

Notre conviction est que les gouvernements appliqueront tout l’arsenal des mesures évoquées. Le but sera de redistribuer les richesses de ceux qui en ont vers ceux qui n’en ont pas. Dans ce processus, la classe moyenne supérieure sera sans doute celle qui subira le plus les effets négatifs d’une redistribution et d’une baisse drastique de leur pension légale. Nous assisterons probablement à une privatisation du système des pensions dans lequel l’épargne et le capital personnel seront investis dans des plans de pension complémentaire à la pension légale.

Prenez les devants

La seule solution pour éviter de foncer droit dans le mur à titre personnel est de prendre les choses en main et se constituer un plan de pension complémentaire incluant un plan d'épargne personnel constitué de véhicules d’investissement fiscalement avantageux et d’un compte-titres dédié. easyvest vous aide dans la planification de votre pension et cela commence ici par une simulation.


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