L’obligation, ingrédient incontournable d’un portefeuille équilibré
Corentin Scavée
Corentin Scavée
16 Mar 2021

L’obligation, ingrédient incontournable d’un portefeuille équilibré

L'obligation est considérée comme le produit d’investissement le plus simple et le plus accessible. Par analogie à la pyramide des besoins de Maslow, s'il fallait établir une “pyramide des investissements”, l’obligation constituerait sans doute une forme de besoin primaire : un prérequis à toute autre forme d’investissement. Explications.

Une obligation, c’est quoi ?

Une obligation se définit comme un emprunt émis par un Etat ou une entreprise, offrant un taux d’intérêt déterminé sur une durée déterminée, avec la promesse d’un remboursement à l’échéance.

Une antiquité financière

Les obligations existent depuis l'époque romaine où elles définissaient un lien juridique en vertu duquel une personne était tenue envers une autre d'exécuter une prestation financière. Le terme "obligation" provient donc du latin ob-ligatus, littéralement “lien étroit”, décrivant une relation forte entre deux personnes. Il n'est pas surprenant que ce terme ait été traduit en anglais par le mot "bond" qui signifie lui aussi "lien".

L’investissement le plus répandu au monde

La somme de toutes les obligations en circulation s’élevait en 2020 à € 110 trilliards soit 30% de plus que la valeur totale des actions mondiales. Elles sont constituées à 68% d’obligations d’Etat et à 32% d’obligations d’entreprises.

Un gage de sécurité qui rassure

Le taux généralement fixe et la promesse de remboursement à l’échéance sont des gages de sécurité pour l’investisseur, permettant de générer un revenu sûr, tout en prenant un risque faible. C'est pour cette raison que l’obligation est considérée comme le produit d’investissement de base, une sorte “d’investissement primaire”.

Pas de garantie de remboursement mais priorité sur les actionnaires

Il faut en être conscient, l’obligation n’est pas un produit totalement sans risque. Si l'emprunteur n’est pas en mesure de rembourser, on peut perdre une partie ou l’intégralité de son investissement. Elle reste toutefois, en général, nettement moins risquée qu’une action. D’une part, car la valeur d’une obligation reste plus stable et réagit dans une moindre mesure à l’évolution de la situation économique d’une entreprise ou d’un état. D’autre part, car le détenteur d’une obligation est prioritaire et remboursé avant l’actionnaire en cas de faillite.

Comment est fixé le taux d’une obligation ?

Chaque Banque Centrale détermine périodiquement un taux journalier appelé “taux directeur”, auquel elle rémunère les dépôts des banques placés chez elle. Ce taux sert de référence pour fixer les taux d’intérêt des obligations, aussi appelés “coupons”. En fonction de la situation économique et financière de l’émetteur d’une obligation et de sa capacité présumée de remboursement, on ajoute au taux directeur un intérêt supplémentaire visant à rémunérer l’investisseur pour le risque encouru. Cette majoration est appelée “prime de risque”.

Un intérêt élevé implique un risque élevé

Il n’y a pas de rendement élevé sans risque. Cet adage s’applique également aux obligations. Une obligation assortie d’un taux d’intérêt élevé présentera donc un risque de perte plus important qu’une autre à taux plus faible. L’évaluation rigoureuse de ce risque est une tâche complexe dans laquelle des sociétés, appelées agences de notation, se sont spécialisées. Ainsi, chaque obligation se voit attribuer une note qui permet d’évaluer rapidement le risque encouru et de comparer facilement les obligations entre elles.

Obligations d’État en général plus sûres

Typiquement, les obligations d’État sont assorties de taux d’intérêt plus faibles que les obligations émises par des entreprises privées. Elles offrent en effet de plus grandes garanties de remboursement, un État étant plus pérenne et ayant assez facilement la possibilité de gonfler sa dette et ses recettes pour rembourser les emprunts arrivant à échéance.

Marché liquide et valeur fluctuante

Tout comme pour les actions, il existe un marché obligataire sur lequel on peut acheter ou vendre des obligations à d’autres investisseurs avant l’échéance. Le prix auquel s’échangent les obligations y est fixé par la loi de l’offre et de la demande. De ce fait, le cours d’une obligation peut varier dans le temps.

Ne pas confondre rendement et taux obligataire

Du fait des variations de cours, l’investisseur qui achète une obligation après son émission ou qui la revend avant l’échéance est susceptible d’obtenir un rendement annualisé différent du taux d’intérêt offert par l’obligation. En effet, l’intérêt versé s’applique sur la valeur d’émission tandis que le rendement se calcule sur la base des cours d’achat et de vente. Seul l’investisseur qui achète une obligation à son émission et la conserve jusqu’à son échéance aura un rendement égal au taux d’intérêt de l’obligation.

Taux directeur et cours évoluent en sens inverse

Le taux directeur servant de référence pour fixer les taux d’intérêts des obligations, une hausse du taux directeur entraine mécaniquement des attentes de rendement plus élevées chez les investisseurs. Afin de rester attractive, une obligation en circulation offrant un taux fixe voit son cours s’ajuster pour compenser la variation du taux directeur. Une baisse du cours compensera en effet son taux plus faible et alignera son rendement aux attentes des investisseurs.

Un facteur de stabilité

De par leur sensibilité réduite aux bourses, les obligations stabilisent un portefeuille en diminuant son risque global de baisse. Les obligations d’Etat iront même dans certains cas jusqu’à compenser partiellement la chute des actions. En effet, en période d’incertitude élevée, les investisseurs se protègent en achetant des actifs offrant une garantie élevée, on appelle ces actifs des valeurs refuges. Les obligations d’Etat en font partie et voient leur cours généralement augmenter en période de crise. Il y a ainsi une certaine forme de décorrélation entre le marché des actions et les obligations d’Etat.

Obligations : mieux vaut un peu ou beaucoup que pas du tout

Nous l’avons vu, la nature même de l’obligation - peu risquée - en fait un ingrédient incontournable dans n’importe quel portefeuille d’investissement. Que vous ayez un profil d’investisseur plutôt défensif ou plutôt offensif, un socle obligataire reste indispensable pour parer aux inévitables fluctuations boursières.

Par ailleurs, l’approche d’easyvest basée sur l’investissement dans des trackers constitue un moyen simple et économique de construire une large exposition à des produits d’investissement en actions et en obligations. Que la part d’obligations dans votre portefeuille soit faible ou élevée, elle comprend un large nombre d’obligations, réduisant encore un peu le risque global.

Quelle part d’obligations devriez-vous détenir dans votre portefeuille ?

La part d’obligations que vous devriez détenir en portefeuille dépendra de vos objectifs d’investissement et de votre aversion pour le risque. Plus votre horizon est court, plus la part des obligations devrait être élevée. De même, plus votre aversion pour le risque est élevée, plus il sera nécessaire de détenir des obligations pour réduire les fluctuations de votre portefeuille. Pour déterminer précisément la part d’obligations que vous devriez détenir, nous vous invitons à faire votre propre simulation ici.


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