Histoires de crises et de reprises: Black Monday
Camille Van Vyve
Camille Van Vyve
26 Jul 2022

Histoires de crises et de reprises: Black Monday

Le lundi 19 octobre 1987, les investisseurs du monde entier voient avec effroi les marchés s’effondrer de plus de 20%, d’abord en Asie puis en Europe et enfin aux États-Unis. Une crise de panique engendrée par une combinaison d’événements anxiogènes qui aura été d’une violence extrême…mais heureusement d’assez courte durée.

Quel est le contexte ?

De 1982 à 1987, le marché des actions a plus que triplé sa valeur. Rien que sur la seule année 87, avant le krach, il augmente de 44%... Mais aux États-Unis, un ralentissement de l’économie et des exportations se fait ressentir. A cela s’ajoutent des craintes concernant la hausse du prix du pétrole et de l’inflation : petit à petit, les signaux passent du vert à l’orange, incitant les investisseurs à la prudence et les poussant à protéger les gains engrangés jusqu’ici.

Avant le lundi noir, la semaine rouge

En octobre 87, des signes avant-coureurs se manifestent depuis quelques jours : le mercredi 14 octobre, le Dow Jones perd 4%, et le vendredi 16 octobre, la bourse de Londres recule de 5% suite à une tempête dévastatrice. Rien que sur cette semaine, les marchés mondiaux perdent 9% : ce n’est plus la crainte d’une correction mais bien un vent de panique qui couve.

Trading automatisé, la nouveauté

Par ailleurs, avec l’essor de l’informatique dans les années 80, le trading automatisé commence à se développer. Des logiciels permettent désormais d’exécuter automatiquement des ordres de vente lorsqu’un certain niveau de baisse est dépassé sur un titre. Vu le contexte, les investisseurs sont plus que jamais prêts à appuyer sur le bouton.

Les stratégies d’assurance de portefeuille incriminées

Également innovantes à l’époque, les stratégies d’assurance de portefeuille utilisent ce même mécanisme. Il s’agit pour des grands investisseurs institutionnels de couvrir le risque de leurs portefeuilles d’actions en vendant à découvert des positions sur des contrats à terme - c’est-à-dire en les vendant dans l’espoir de les racheter plus tard à un prix inférieur.

Black Monday, la débandade

Lundi 19 octobre 87, alors que la bourse de Tokyo ouvre en baisse, une série d’ordres de vente automatisés s’enclenche, donnant lieu à un effet domino à travers toutes les places boursières. Le rythme de vente s’accélère sans cesse, renforçant encore la chute des cours : c’est le cercle vicieux.

Un traumatisme assez vite effacé

Si la violence du Black Monday a fortement marqué les esprits, les marchés ont cependant assez vite récupéré. Cinq mois après le krach, trois quarts des pertes observées sur le marché mondial sont effacées. Il faudra un an pour que le trou soit totalement comblé et qu’une nouvelle décennie de hausse presque continue s’ouvre sur les marchés.

Des garde-fous mis en place

C’est après cet épisode que seront mis en place les fameux mécanismes de « coupe-circuit » visant à interrompre les transactions sur une valeur ou un indice donnés pendant une durée déterminée, lorsque un certain niveau de baisse est dépassé. Même si ces mécanismes font débat vu l’entrave qu’ils constituent à l’efficacité des marchés, ils ont encore été utilisés durant la crise du Covid plusieurs fois en mars 2020 sur la bourse de New York (NYSE).

Lire les autres épisodes de la série sur les crises et reprises: la crise de la tulipe, la guerre du Golfe, la crise de la dette grecque

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