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Camille Van Vyve

Camille Van Vyve

14 Jul 2022
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Histoires de crises et de reprises : la crise de la tulipe

La crise de la tulipe est considérée comme l’une des premières bulles spéculatives qui aient été documentées. Malgré les doutes qui subsistent quant aux retombées réelles de l’événement, il n’en demeure pas moins très instructif sur les principes à l’œuvre dans ce genre de cas : bien rare, demande croissante, flambée des prix… puis effondrement.

Histoires de crises et de reprises : la crise de la tulipe

Quel est le contexte ?

Nous sommes en 1637 aux Pays-Bas. Depuis une quarantaine d’années, les tulipes ont fait leur apparition dans les jardins des riches marchands hollandais qui les ramènent d’Istanbul, devenant ainsi signe de prospérité. A cause d’un virus qui altère la monochromie des pétales, certaines tulipes ont à cette époque une couleur marbrée qui les rend encore plus populaires.

Le premier marché à terme

Sachant que le bulbe ne peut être déraciné et transporté que de juin à septembre – limitant dès lors la période de transaction effective – les fleuristes signent des contrats devant notaire pour l’achat de bulbes en fin de saison. La « bourse de la tulipe » est ainsi ouverte toute l’année, et le marché devient spéculatif. En 1635, il devient même possible d’acheter des parts de bulbe.

Que s’est-il passé ?

La demande s’intensifie, provenant aussi de France, à tel point que les prix se mettent à flamber : entre novembre 1636 et février 1637, la valeur d’un bulbe de tulipe est multipliée par 20 ! A son sommet, une des variétés les plus prisées atteint vraisemblablement un prix d’environ 5000 Florins le bulbe, soit le prix d’un immeuble bourgeois d’Amsterdam à l’époque. Pour se les offrir, certains n’hésitent pas à promettre leur épargne ou un lopin de terre.

Effondrement des cours

La hausse des prix est telle que les spéculateurs commencent à vouloir massivement prendre leurs profits. La spirale de vente s’enclenche et le cours s’effondre brutalement en février 1637, si bien que quasiment aucun contrat ne peut être honoré.

Personne ne perd, personne ne gagne

Vu que les contrats à terme sur la tulipe constituaient des promesses d’achat et de vente, sans transfert effectif de fonds avant la transaction réelle et sans législation encadrant précisément ce type de contrat, il semble que la crise se soit résolue assez rapidement, la plupart des contrats se trouvant de facto tout simplement annulés. Les conséquences sur l’économie hollandaise furent donc relativement réduites.

Bulle ou pas bulle ?

S’il est avéré que le prix du bulbe de tulipe a bel et bien flambé durant l’hiver 1636-37, les conséquences de l’histoire ne sont pas tout à fait claires vu le manque de fiabilité des sources de l’époque. Le journaliste écossais Charles Mackay a popularisé cet épisode dans un ouvrage publié en 1841, selon lequel la crise aurait touché toutes les couches de la société hollandaise et pourrait effectivement être qualifiée de bulle spéculative. Depuis 1980, cette théorie est contestée par plusieurs économistes qui affirment que le phénomène est finalement resté assez local, avec des variations de prix plus ou moins acceptables.

Prise de conscience

Quoi qu’il en soit, cet épisode de l’histoire aura sans doute contribué à éveiller les consciences sur les dangers de la spéculation, de l’effet de foule et du manque de diversification. Les peintres flamands s’emparèrent du sujet à de nombreuses reprises, notamment Jan Brueghel l’Ancien et Jan Brueghel le Jeune, dont vous pouvez ici admirer la « Satire de la tulipomanie », où l’on voit les spéculateurs représentés comme des singes affolés :

Lire les autres épisodes de la série sur les crises et reprises : le Black Monday, la guerre du Golfe, la crise de la dette grecque

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