Histoires de crises et de reprises: la guerre du Golfe
Camille Van Vyve
Camille Van Vyve
26 Jul 2022

Histoires de crises et de reprises: la guerre du Golfe

Dans la nuit du 2 août 1990, les chars irakiens envahissent le Koweït, ce qui entraîne une hausse brutale des cours du pétrole et une chute des marchés financiers. S’en suivra un conflit armé opposant l’Irak à une coalition de 35 pays dont la Belgique, menée par les États-Unis. Contre toute attente, cette troisième guerre mondiale n’aura finalement eu qu’un impact de durée limitée sur les marchés.

Quel est le contexte ?

Nous sommes deux ans après la guerre Iran-Irak, qui a laissé l’Irak exsangue et criblé de dettes. La tension monte dans la zone, la dette irakienne étant essentiellement détenue par les pays voisins que sont l’Arabie saoudite et le Koweït. L’Irak, qui revendique la souveraineté sur le territoire du Koweït, accuse aussi son voisin de dépasser les quotas de production de pétrole fixés par l’OPEP. Le casus belli intervient lorsque le Koweït est suspecté de forer du côté irakien de la frontière entre les deux pays.

Aux États-Unis, le ralentissement guettait

Le choc intervient également dans un climat économique fragile. Après dix ans de croissance interrompue, le ralentissement avait commencé aux États-Unis dès le début de l'année et les signaux se sont peu à peu allumés à partir du printemps. Mais la guerre amplifie la tendance et, surtout, agit comme catalyseur sur les consciences américaines.

Les marchés s’écrasent

Suite à l’invasion du Koweit, le CAC 40 perdit jusqu’à 27% – plus que lors du Black Monday – le S&P 500 près de 17% et le BEL 20 seulement 7%.

La communauté internationale réagit

D’abord puni par des sanctions économiques, l’Irak est finalement attaqué suite à une résolution de l’ONU autorisant le recours à la force. A l’automne, le président américain George Bush déploie les forces américaines en Arabie saoudite et exhorte d'autres pays à envoyer leurs propres armées sur le terrain. De nombreuses nations rejoignent la coalition, y compris la Belgique, ce qui en fait la plus grande alliance militaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les marchés anticipent les bonnes nouvelles

Après deux mois de préparatifs militaires lors de l’opération baptisée Boucliers du désert, la guerre proprement dite éclate le 17 janvier 1991 sous le nom de code Tempête du désert. Elle durera un mois et demi, période au cours de laquelle les marchés reprendront des couleurs avec plusieurs semaines de hausse consécutives. Non seulement les marchés anticipent la victoire, mais ils intègrent aussi d’autres facteurs : le fait que le conflit reste circonscrit à un territoire particulier, que son incidence sur les cours du pétrole et donc sur l’inflation est quasiment nulle et enfin, que la baisse des taux opérée par la banque centrale américaine pour relancer l’économie semble porter ses fruits.

1991, une année faste pour la bourse américaine

Ragaillardie par ces bonnes nouvelles, la bourse américaine efface ses pertes dès la fin du conflit. Le S&P 500 clôture même l’année sur une hausse de 26%. Il faudra en revanche attendre début 1992 pour que le CAC 40 se remette totalement de la crise. Mais pour l’investisseur exposé au marché mondial, la perte aura été effacée dès le 11 février 1991, soit 7 mois après le début du conflit... et même avant la fin de celui-ci !

Lire les autres épisodes de la série sur les crises et reprises : la crise de la tulipe, le Black Monday, la crise de la dette grecque


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