Actions ou obligations : à la recherche du mix idéal
Camille Van Vyve
Camille Van Vyve
04 May 2022

Actions ou obligations : à la recherche du mix idéal

Les actions et les obligations sont sans aucun doute les deux classes d’actifs les plus connues du monde de l’investissement. Les plus connues… mais pas toujours les plus maîtrisées. Par ailleurs, les annonces récentes de hausse des taux par la banque centrale ne sont pas sans effet sur l’attrait relatif de ces deux produits financiers. Une fois pour toutes, comparons actions et obligations pour éviter la confusion.

Une action, c’est quoi ?

Une action est un titre de propriété correspondant à une fraction du capital d’une entreprise. Cette dernière peut être cotée en bourse, mais pas obligatoirement.

Comment rémunère-t-on une action ?

Une action est rémunérée par un dividende, c’est-à-dire une part des bénéfices de l’entreprise attribuée à chaque actionnaire. Le dividende n’est jamais garanti : non seulement l’entreprise peut réaliser des pertes certaines années, mais par ailleurs, même l’entreprise bénéficiaire peut décider ne de pas verser de dividende. Sur proposition du conseil d’administration, c’est l’Assemblée Générale des actionnaires qui décide d’attribuer ou non des dividendes, de leur montant et de la date de leur versement.

Valeur d’une action : le casse-tête

Le prix d’une action est déterminé par le marché, en fonction de l’offre et de la demande. Suivant les informations dont il dispose, chaque investisseur déterminera la valeur qu’il juge correcte pour cette action : si cette valeur estimée est supérieure au prix du marché, il aura intérêt à l’acheter, si elle est inférieure, à vendre. D’un point de vue strictement économique, la valeur d’une action correspond à la somme actualisée des bénéfices qu'elle est susceptible de générer dans le futur. L’actualisation de ces cash flows futurs dépend de paramètres liés à la performance de l’entreprise mais aussi à des paramètres externes liés au marché, comme le contexte économique, géopolitique, monétaire,… Ce qui rend l’exercice ardu et qui explique l’importance accordée au travail des analystes.

Durée de détention

Contrairement à l’obligation, il n’y a pas de durée de détention associée à l’achat d’une action. Elle peut être revendue à tout moment.

Action et risque

Il y a en réalité plusieurs types de risques associés à la détention d’actions.

  • Le risque de liquidité. Il fait référence au fait de pouvoir vendre l’action rapidement ou non sur un marché réglementé. Le nombre d’acheteurs, le volume de titres en circulation et la capitalisation vont déterminer la liquidité d’une action.
  • Le risque de marché. Il provient des fluctuations haussières comme baissières du cours de l’action en fonction de la conjoncture générale, de celle du secteur ou de la santé de l’entreprise elle-même. Lorsqu’il se matérialise, ce risque conduit à une perte en capital pour l’investisseur lors de la revente du titre.
  • Le risque de faillite. Il survient surtout lorsque l’on s’intéresse à des petites entreprises. Lorsqu’il est question d’entreprises cotées en bourse, ce risque est presque inexistant.
  • Le risque de change. Il existe pour les actions libellées en devises étrangères. Par exemple, même si vos actions américaines prennent de la valeur en dollars, en cas d’affaiblissement du dollar face à l’euro, votre profit pourrait être réduit ou effacé.

Les droits de l'actionnaire

En plus du dividende, l’action ouvre plusieurs droits à l’actionnaire : le droit de vote lors des assemblées générales des actionnaires, le droit d’information, le droit de répartition qui donne droit à une partie du capital social en cas de liquidation de l’entreprise et le droit de souscription qui permet à un actionnaire d’être prioritaire dans la souscription de nouvelles actions en cas d’augmentation du capital social.

Comment investir en actions ?

Il existe plusieurs manières d’investir en actions. On peut investir dans des actions individuelles ou dans des fonds d’actions, gérés soit de manière active soit de manière passive. Le choix de telle ou telle stratégie dépendra de votre connaissance des marchés, du temps que vous êtes prêt à consacrer à vos investissements et de votre profil de risque. En tout état de cause, les fonds passifs ou ETF présentent l’avantage d’obtenir un portefeuille diversifié à moindre coût, puisqu’une seule opération est nécessaire pour s’exposer à un grand nombre d’entreprises cotées et que la composition du fonds reste stable dans le temps.

Une obligation, c’est quoi ?

Une obligation est un titre de créance correspondant à une fraction de la dette d’une entreprise ou d’un État.

Une contrepartie et un terme fixés d’avance

L’obligation offre un taux d’intérêt déterminé sur une durée déterminée, avec la promesse d’un remboursement à l’échéance. La durée ou le terme de l’obligation peut varier de moins d’un an à plusieurs dizaines d’années.

Calcul du taux d’intérêt

Une obligation est rémunérée par un intérêt dont le taux est fixé à l’avance. Ce taux est calculé en fonction du taux directeur fixé périodiquement par la Banque Centrale, auquel elle rémunère les dépôts des banques placés chez elle. En fonction de la situation économique et financière de l’émetteur de l’obligation et de sa capacité présumée de remboursement, on ajoute au taux directeur un intérêt supplémentaire visant à rémunérer l’investisseur pour le risque encouru. Cette majoration est appelée “prime de risque”. Typiquement, les obligations d’État sont assorties de taux d’intérêt plus faibles que les obligations émises par des entreprises privées, car elles offrent de plus grandes garanties de remboursement.

Corrélation cours/taux

Le cours d'une obligation à taux fixe évolue en sens inverse des taux d'intérêt. Quand ils augmentent, les attentes de rendement des investisseurs augmentent également : de ce fait, une obligation en circulation avec un taux plus faible que celui du marché subira une baisse de cours, afin d’aligner son rendement total aux attentes des investisseurs. Inversement, si les taux d'intérêt diminuent, la valeur des obligations augmente.

L’obligation, un actif sans risque ?

Bien que l’obligation soit souvent qualifiée d’actif « sans risque », son détenteur encourt malgré tout deux types de risques principaux :

  • Le risque de marché. Si une obligation est revendue avant son échéance dans un contexte de taux défavorable, l’investisseur peut perdre une partie de son investissement.
  • Le risque de faillite. Si l'emprunteur n’est pas en mesure de rembourser, le détenteur d’une obligation peut perdre une partie ou l’intégralité de son investissement.

L’obligation reste toutefois, en général, nettement moins risquée qu’une action. D’une part, car la valeur d’une obligation reste plus stable et réagit dans une moindre mesure à l’évolution de la situation économique d’une entreprise ou d’un état. D’autre part, car le détenteur d’une obligation est prioritaire et remboursé avant l’actionnaire en cas de faillite.

Comment investir en obligations ?

Comme pour les actions, l’investisseur peut choisir d’acheter des obligations individuelles ou d’investir dans des fonds obligataires. Il existe également des fonds obligataires passifs, qui répliquent les performances d’un panier d’obligations, comme par exemple les obligations d’État de la zone euro.

Se construire un portefeuille équilibré

Historiquement, les obligations avaient pour vocation de protéger le pouvoir d’achat des porteurs contre l’inflation. Aujourd’hui, elles permettent surtout aux investisseurs de diversifier leurs actifs et de s’immuniser partiellement contre une baisse du marché des actions. La part d’obligations que vous devriez détenir en portefeuille dépendra de vos objectifs d’investissement et de votre aversion pour le risque. Plus votre horizon est court, plus la part des obligations devrait être élevée. De même, plus votre aversion pour le risque est élevée, plus il sera nécessaire de détenir des obligations pour réduire les fluctuations de votre portefeuille.

Obligations et contexte de taux

Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, les détenteurs d’obligations voient la valeur de leur portefeuille baisser à court terme ; revendre avant l’échéance induirait une perte. Mais cette baisse sera normalement compensée par une hausse du rendement à plus long terme. Pour ceux qui avaient attendu avant d’investir, les obligations deviennent plus attractives en cas de hausse des taux ; ce genre de contexte est idéal pour commencer à investir. Pour déterminer précisément la part d’obligations que vous devriez détenir, nous vous invitons à faire votre propre simulation ci-dessous.


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