Une somme importante atterrit sur votre compte, fruit d’une assurance-groupe, d’un héritage, de la vente d'une société ou d’un appartement: avez-vous intérêt à l’investir sans plus attendre, quel que soit l’état du marché? Données à l’appui, nous évaluons les options qui se présentent à vous au moment d’investir une somme à six ou sept chiffres.
Cet été, Marc, 65 ans, a vu arriver d’un coup 500.000€ sur son compte suite à la liquidation de son assurance-groupe.
Il voudrait placer cette somme en bourse, mais est-ce vraiment le bon moment? Les bourses viennent de battre un record. Faut-il investir maintenant, au prix fort, ou attendre une baisse qui ne viendra peut-être jamais?
Nous avons comparé 27 années de bourse pour répondre à Marc et à tous ceux qui se demandent quand se lancer en bourse...
Le plus souvent, le meilleur moment pour investir, c’est maintenant!
Depuis 1999, attendre une baisse de 10% après un record a réduit le résultat final de 20% en moyenne. Investir en une fois a aussi fait mieux qu'un étalement sur douze mois dans 68% des cas. Si on s’en tient donc aux statistiques, il est préférable de ne pas attendre.
Face à un record des cours de bourse, la tentation est grande de n’investir qu’après une correction, soit une baisse d'au moins 10%. Cette approche suppose cependant que la baisse arrive, et suffisamment rapidement pour que l'attente en vaille la peine.
Nous avons calculé ce que cette stratégie d’investissement aurait rapporté depuis 1999. Concrètement, si le marché se trouve proche d’un record historique, notre investisseur garde son argent sur un compte d'épargne et attend une baisse de 10% par rapport à son niveau de départ avant d’investir. Nous avons comparé le résultat obtenu en suivant cette stratégie à celui d'un investisseur ayant tout placé immédiatement.
Le pari est donc très déséquilibré: un petit gain contre un lourd manque à gagner une fois sur 2. Sur l'ensemble des cas, attendre une baisse de 10% réduit le résultat final de 20% en moyenne. C’est donc un pari statistiquement perdant.
Investir d’un coup ou attendre une baisse ne sont pas les seules options. Il est aussi possible d’investir par tranches, par exemple un douzième chaque mois pendant un an. C’est ce qu’on appelle l’investissement progressif ou DCA (pour dollar-cost averaging).
Nous avons comparé le capital obtenu au bout d’un an entre un investissement en une fois d’une part et un investissement étalé sur douze mois d’autre part, et ce pour chaque mois entre 1999 et 2025. Le résultat est sans appel: investir en une fois a fait mieux dans 68% des cas.
L'explication est simple: sur la période étudiée, les actions ont progressé dans 75% des cas. Chaque mois passé hors du marché prive donc l'argent d'une hausse probable.
L'étalement garde pourtant un avantage, celui de limiter l’impact du scénario catastrophe dans lequel le marché chuterait abruptement en cours d’année. Si l’étalement ne permet pas d’éviter l’impact de cette baisse sur le portefeuille, il peut en limiter l’ampleur.
En bref, étaler l'investissement rend une mauvaise surprise plus supportable psychologiquement. Cependant, l’étalement ne permet pas d’éviter totalement la baisse. De plus, en cas de forte hausse des marchés, cela peut représenter un coût d’opportunité important.
Avant de choisir entre investir en une fois ou progressivement, il faut déterminer le profil de risque adapté à votre situation. Un profil défensif, composé en majorité d’obligations et d’une part limitée d’actions, est nettement moins exposé aux fluctuations de marché. Avec 30% d’actions, par exemple, une chute de 20% de la bourse ne ferait perdre qu’environ 30.000€ sur 500.000€, si les obligations restent stables. Le risque de mal tomber devient alors limité, et l’étalement perd l’essentiel de son intérêt: avec un profil défensif, ou neutre, à parts à peu près égales entre actions et obligations, investir immédiatement s’impose. Vous gardez en outre une marge de manœuvre: après une baisse, vous pourriez passer à un profil plus dynamique et profiter ainsi de prix plus bas à l’achat.
Au final, investir immédiatement reste la meilleure option dans la majorité des cas, que les marchés viennent de baisser ou qu’ils soient au plus haut: sur 27 ans, cette stratégie l’a emporté un peu plus de deux fois sur trois. Quand l’étalement a fait mieux, il a surtout limité une perte.
Ces résultats supposent toutefois une discipline à laquelle il peut être difficile de se tenir. Nous observons chez Easyvest que beaucoup de personnes qui étalent leur investissement suspendent leurs versements quand le marché baisse, alors que c’est justement le moment de continuer, voire d’accélérer. Celles qui attendent une baisse finissent souvent par perdre patience et investissent parfois au plus haut, voire juste avant la correction.
L’étalement ne se justifie donc que dans des cas précis: une somme importante (de plus de 100.000€) qui se trouve aujourd’hui en cash plutôt que dans un portefeuille déjà investi, répartie sur une courte période de trois à six mois, soit pour un profil de risque très exposé aux actions ou un investisseur que la perspective d’une chute rend anxieux. Dans ce cas de figure, l’étalement fonctionne comme une assurance contre une baisse brutale juste après le départ. Comme toute assurance, elle a un coût, celui du rendement manqué quand le marché monte. Elle ne joue qu’en cas de chute forte et rapide, à condition de continuer à investir pendant celle-ci.
Dans tous les cas, la décision la plus importante reste le choix d’un profil de risque que vous pourrez garder dans la durée. Le simulateur Easyvest vous aide à le déterminer à partir de votre montant, de votre horizon et de votre objectif, revenu mensuel ou capital à faire croître, et montre comment votre capital pourrait évoluer, dans les bons comme dans les mauvais scénarios.
Investir en une fois, avec un profil de risque que l’on peut tenir dans les mauvais jours, reste la voie la plus sûre pour faire fructifier une grosse somme, et l’étalement n’a d’intérêt que s’il vous aide à rester investi.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres de cet article sont des simulations historiques et ne constituent pas une recommandation personnalisée.
Sources: MSCI, World Index en euros, dividendes nets réinvestis, niveaux historiques · BCE/BNB, taux d'intérêt des dépôts réglementés des ménages belges (série MIR) · Vanguard Research, B. Wimmer, A. Shtekhman et C. Tasopoulos, « Dollar-cost averaging just means taking risk later » (2012) · Easyvest, « Quel est le bon moment pour investir? » (2025) · Calculs Easyvest, janvier 1999 à septembre 2026