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Antoine Bouvy

Antoine Bouvy

13 Feb 2026
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Taxe sur les plus-values: quel impact pour les investisseurs belges qui ont un portefeuille de rente?

La nouvelle taxe sur les plus-values inquiète beaucoup d’investisseurs belges, en particulier ceux qui vivent déjà, ou comptent vivre, d’un portefeuille de rente. La question centrale est simple, mais cruciale: pour un portefeuille investi en ETF de capitalisation, l’introduction d’un impôt de 10% sur les plus-values remet-elle en cause la stratégie de rente à long terme?  Pour la plupart des investisseurs belges qui vivent d’un portefeuille de rente, l’impact de la taxe sur les plus-values reste limité. Il dépend surtout du montant de la rente et du taux de croissance du portefeuille, pas du capital de départ.

Illustration d'un portefeuille de rente dans le contexte de la taxe sur les plus-values en Belgique

Comment fonctionne la nouvelle taxe sur les plus-values en Belgique?

En Belgique, le gouvernement a décidé d’introduire en 2026 un impôt de 10% sur les gains réalisés lors de la vente d’actifs financiers par les particuliers, notamment actions, obligations, fonds et ETF. Seuls les gains effectivement réalisés lors d’une vente ou d’un rachat sont taxés, les plus-values latentes restent non imposées tant qu’il n’y a pas de vente.

La réforme prévoit une exonération annuelle de base de 10.000€ de plus-values par contribuable belge, indexable. Ce montant pourra, sous conditions, être augmenté progressivement jusqu’à 15.000€ si aucune plus-value n’est réalisée pendant plus de 5 années consécutives, ce qui protège partiellement les petits et moyens investisseurs orientés long terme.

En parallèle, les règles existantes restent d’application, notamment la taxe dite « Reynders » de 30% sur la plus-value de la composante obligataire de certains fonds et ETF obligataires, et le précompte mobilier de 30% sur la plupart des dividendes.

Qu’est-ce qu’un portefeuille de rente?

Un portefeuille de rente est un portefeuille d’investissement structuré pour générer un revenu régulier, par exemple 1.000€ par mois en complément de la pension légale.

Deux grandes approches existent pour générer cette rente:

Dans cet article, nous nous concentrons volontairement sur les ETF de capitalisation, soit le choix réalisé par Easyvest pour les portefeuilles de rente, pour lesquels une taxe sur la plus-value peut s’appliquer dans le cadre de la vente d’une partie du portefeuille pour générer la rente. L’impact de cette taxe de 10% reste toutefois plus faible qu’un précompte de 30% syur les revenus financiers issus des distributions, ce qui renforce l’optimisation fiscale d’un ETF de capitalisation. Cet avantage est par ailleurs renforcé par l'exemption annuelle de 10.000€.

Easyvest a fait ce choix fiscalement optimal car l'impact d'une taxe de 10% sur la plus-value reste plus faible qu'un précompte de 30% sur les revenus financiers issu des distributions. Cet avantage est par ailleurs renforcé par l'exemption annuelle de 10.000€.

Rente et taux de croissance comme éléments centraux, pas le capital initial!

Un point clé est à garder à l’esprit: l’impact de la taxe sur les plus-values sur un portefeuille de rente dépend avant tout de deux éléments,

Le montant absolu du patrimoine importe moins que la proportion de plus-values que l’on réalise chaque année pour financer la rente. Si l’on prélève une rente modérée sur un portefeuille qui croît raisonnablement, la part de plus-value réalisée chaque année restera longtemps en dessous du seuil d’exonération de 10.000€, ce qui réduit fortement la facture fiscale.

Les trois scénarios ci-dessous illustrent cette logique sur base de chiffres concrets.

Scénario 1: portefeuille modéré, 5% de croissance par an

Dans un premier cas de figure, l’investisseur dispose d’un capital de 1.000.000€, investi dans un portefeuille diversifié de risque 5 chez Easyvest, soit un type « médium » composé à 50% d’actions et 50% d’obligations, pour une espérance de rendement annualisée de 5%.L’investisseur souhaite ici prélever une rente annuelle de 24.000€, soit 2.000€ par mois.

Au cours de la première année, la part de plus-value générée se limite au rendement annuel, soit 5%. Sur 24.000€ prélevés, ceci représente un montant très limité qui reste très largement en dessous de l’exonération annuelle de 10.000€.

Il est important de noter que lorsqu’on prélève une rente sur un portefeuille de capitalisation, on ne "sort pas la plus-value", comme on pourrait intuitivement le penser. On vend une partie des parts, récupérant ainsi une partie de son capital ET la plus-value associée. Dans l'exemple qui nous occupe, les 24.000€ de rente prélevés sont en réalité constitués de 22.800€ de capital et de 1.200€ de plus-value.

Graphique d'un capital de 1 million d'euros grandissant à 5% par an avec une rente de 24.000€ par an

Tant que la part de plus-values réalisée dans le cadre de la rente reste inférieure à 10.000€, la rente ne sera pas affectée par la taxation des plus-values. Pour un portefeuille de rente de 24.000€ par an, ce seuil est atteint une fois que la plus-value dépasse 41,16% de la valeur total du portefeuille, soit après une dizaine d’année de rente. Et même au-delà de cet horizon d’investissement, l’impact de la taxe restera finalement très limité.

En d’autres termes, pour un investisseur avec un profil de risque équilibré et une rente raisonnable par rapport à son patrimoine, la nouvelle taxe ne remet pas en cause la soutenabilité de la rente pendant une longue période.

Scénario 2: profil plus dynamique, 8% de croissance

Dans un deuxième cas de figure, l’investisseur dispose toujours d’un capital de 1.000.000€, investi dans un portefeuille diversifié mais cette fois de risque 8 chez Easyvest, soit un portefeuille dynamique composé à 80% d’actions et 20% d’obligations pour une espérance de rendement annualisée de 8%. L’investisseur souhaite ici prélever une rente annuelle plus élevée que dans le premier scénario, à savoir 36.000€ par an, ou 3.000€ par mois.

Le seuil de 10.000€ d’exonération est ici atteint au bout de 5 ans, soit deux fois plus rapidement que dans le scénario 1. Ceci découle d’un taux de croissance plus élevé qui augmente plus rapidement la proportion de la plus-value dans le portefeuille d’investissement mais également d’un montant prélevé plus élevé qui accroît mécaniquement la plus-value réalisée.

Graphique d'un capital de 1 million d'euros grandissant à 8% par an avec une rente de 36.000€ par an

Malgré une taxation qui s’amorce plus rapidement dans le temps, le niveau de taxation reste encore raisonnable. En effet, même après vingt ans d’investissement et une proportion importante de plus-value, la taxation annuelle liée au prélèvement de la rente se limitera à environ 2.000€. Pour générer une rente de 36.000€, il faudra donc vendre pour 38.000€ d’actifs.

La taxe sur la plus-value imposera donc un prélèvement plus important annuellement mais ne devrait pas faire dérailler le plan de rente à long terme. Elle n’est donc pas de nature à remettre en cause le bien-fondé du plan de rente basé sur un portefeuille de capitalisation dans ce cas de figure.

Scénario 3: rente élevée de 60.000€ par an

Dans un troisième cas de figure, l’investisseur dispose toujours d’un capital de 1.000.000€, toujours investi dans un portefeuille diversifié de risque 8 chez Easyvest, soit un portefeuille dynamique composé à 80% d’actions et 20% d’obligations pour une espérance de rendement annualisée de 8%. L’investisseur souhaite cette fois profiter pleinement de sa pension et préleve une rente annuelle de 60.000€ par an, soit 5.000€ par mois.

Le seuil de 10.000€ d’exonération est ici atteint au bout de 3 ans seulement, soit 3 fois plus rapidement que dans le scénario 1. Ceci découle uniquement du montant prélevé qui est plus élevé et qui accroît mécaniquement la plus-value réalisée.

Graphique d'un capital de 1 million d'euros grandissant à 8% par an avec une rente de 60.000€ par an

Malgré une taxation qui s’amorce quasi immédiatement, le niveau de taxation reste une fois encore raisonnable. En effet, même après vingt ans d’investissement et une proportion importante de plus-value, la taxation annuelle liée au prélèvement de la rente se limitera à environ 4.000€. Pour générer une rente de 60.000€, il faudra donc vendre pour 64.000€ d’actifs. Le montant de l’impôt est significatif certes, mais il reste limité par rapport au montant global de la rente.

La conclusion reste la même que pour le scénario 2. Même avec une croissance élevée du portefeuille et une rente importante, l’introduction de la taxe sur les plus-values ne remet pas en cause le bien-fondé d’un portefeuille de rente basé sur des ETFs de capitalisation, elle en réduit simplement l’efficacité à la marge.

Avantages et limites de la rente via ETF de capitalisation

On peut synthétiser les avantages et inconvénients de la rente financée par des ventes successives au sein d’ETF de capitalisation dans le contexte de la nouvelle taxe sur les plus-values de la façon suivante:

Avantages

Limites et risques

L’approche Easyvest pour les portefeuilles de rente

Chez Easyvest, les portefeuilles de rente sont construits à partir d’ETF indiciels de capitalisation, diversifiés à l’échelle mondiale et calibrés selon un profil de risque de 0 à 10. La rente est prélevée via des ventes automatisées et régulières, ce qui permet de contrôler la part de plus-values réalisées chaque année.

Dans le contexte de la nouvelle taxe sur les plus-values, cette approche présente plusieurs atouts:

Pour réfléchir au niveau de rente adapté à votre situation, vous pouvez aussi consulter l’article Easyvest « Combien faut-il pour vivre confortablement à la pension? », qui explique comment traduire un budget de retraite en portefeuille de rente investi en ETF.

Conclusion

Pour un investisseur belge qui vit d’un portefeuille de rente en ETF de capitalisation, la nouvelle taxe sur les plus-values représente un changement important du paysage fiscal, mais pas une remise en cause fondamentale de la stratégie. Dans les scénarios réalistes que nous avons examinés, l’impact fiscal reste limité pendant de nombreuses années pour un profil médian et demeure gérable même pour des profils plus dynamiques ou des rentes plus élevées.

L’élément clé est de dimensionner correctement la rente par rapport au capital et au risque accepté, de conserver une approche indicielle de long terme et de tirer parti de l’exonération annuelle sur les plus-values. Une planification rigoureuse et un accompagnement professionnel permettent de continuer à utiliser la bourse comme source de revenu complémentaire, tout en intégrant les nouvelles contraintes fiscales.

FAQ sur la taxe sur les plus-values en Belgique

Comment sont imposées les plus-values en Belgique?

Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values réalisées par un particulier sur des actifs financiers dans le cadre de la gestion normale de son patrimoine privé sont en principe soumises à une nouvelle taxe sur les plus-values de 10%, appelée parfois « contribution de solidarité ». Elle vise la plupart des actifs financiers, actions cotées et non cotées, obligations, fonds et ETF, produits d’assurance branche 21 et 23, dérivés, cryptoactifs, etc., à l’exclusion notamment des principaux produits de pension du 2e et du 3e pilier.

La taxe ne porte que sur les gains engrangés à partir du 1er janvier 2026. Les plus-values accumulées avant le 31 décembre 2025 restent exonérées, soit via une « photographie » de la valeur des titres au 31 décembre 2025, soit via des règles de transition précisées par la loi.

Comment éviter la taxe sur les plus-values?

Il n’est pas possible d’éviter complètement la taxe sur les plus-values en Belgique lorsque vous réalisez des gains sur des actifs qui entrent dans son champ d’application. En revanche, il est possible d’en limiter l’impact en restant strictement dans le cadre légal. Concrètement, plusieurs leviers existent:

Ces pistes restent générales et ne remplacent pas un conseil fiscal personnalisé, l’objectif n’est pas de contourner la loi, mais d’organiser son patrimoine de manière efficace dans le respect des règles en vigueur.

Quelle est la taxe Reynders sur la plus-value?

La taxe Reynders est un impôt de 30% qui s’applique à une partie de la plus-value réalisée sur certains fonds et ETF comportant une composante obligataire. Concrètement, lorsqu’un fonds ou un ETF investit au moins une certaine proportion en obligations ou en produits de taux, la plus-value liée à cette partie obligataire est soumise à un précompte de 30% au moment de la vente ou du rachat des parts. Cette taxe est distincte de la nouvelle taxe sur les plus-values de 10% et peut donc se cumuler avec elle. Elle vise surtout à aligner la fiscalité de ces produits sur celle des revenus d’intérêts.

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Easyvest est une marque d’Easyvest SA (n°0631.809.696), autorisée et régulée par l’Autorité Belge des Services et Marchés Financiers (FSMA) comme société de gestion de portefeuille, et comme courtier en assurances, ayant son siège social Avenue Louise 475, 1050 Bruxelles, Belgique. Easyvest Pension Fund (en abrégé Easyvest OFP) est une institution de retraite professionnelle agréée par la FSMA (n°1011.041.490) et domiciliée à la même adresse. Copyright 2026 EASYVEST SA. La performance passée n’est pas une garantie pour les performances futures. La performance historique, les rendements attendus ou les projections statistiques peuvent ne pas refléter la performance future réelle. Tous placements financiers comportent des risques et peuvent résulter en des pertes.