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Sibylle Greindl

Sibylle Greindl

07 May 2026
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Dette privée américaine: de quoi parle-t-on?

Le mystérieux secteur de la dette privée américaine alimente les métaphores animalières: "Le canari dans la mine", qui arrête de chanter et prédit ainsi un coup de grisou, les "cafards" qui ne sortent jamais seuls… Qu'en comprendre depuis l'Europe et quelle stratégie adopter?

Dette privée américaine

Dette privée: de quoi s'agit-il?

La dette privée, ce sont tous les montants prêtés directement par des investisseurs à des entreprises privées, sans intermédiaire d'aucune sorte. Les entreprises accèdent ainsi à du capital sans passer par la case banque ou marché obligataire.

Ces fonds de dette ont toujours existé mais ils ont pris beaucoup d'ampleur en 15 ans et peu à peu grignoter la part des banques traditionnelles pour les prêts à des entreprises plus risquées.

Quelle est la différence entre dette privée et dette publique?

La dette publique est celle qu'un État, une région ou une municipalité contracte auprès de différents prêteurs (banques, épargnants, fonds de pension, institutionnels) via les crédits bancaires, et l'émission d'obligations d'État et de bons de trésor principalement.

La dette privée est celle accordée à une entreprise, par un investisseur non bancaire, en dehors des marchés obligataires. Il ne s'agit que d'une partie de la dette dite non publique, celle qui ne fait pas l'objet d'un crédit bancaire ou d'une émission obligataire. Cette dette privée est relativement illiquide, s'échangeant de gré à gré, et n'est soumise à aucune forme de surveillance régulatoire. Dette privée et dette publique ne sont donc pas deux termes qui s'opposent parfaitement.

Quelle est la différence entre private equity et private debt?

Au travers de la private debt, ou dette privée, l'investisseur se substitue à la banque, et prête de l'argent afin de percevoir des intérêts réguliers. En investissant en private equity, l'investisseur achète des parts d'une entreprise non cotée et en devient copropriétaire. Il s'associe au développement de l'entreprise afin de réaliser une plus-value sur le montant investi et de percevoir les éventuels bénéfices distribués.

Comment la dette privée a-t-elle pris tant d'ampleur aux États-Unis?

La dette privée a eu le vent en poupe ces dernières années aux USA, finançant des entreprises privées pour près de USD 3 trillions. Cette manne a été en partie alimentée par des entités typiquement américaines dédiées à la dette privée, communément appelées des "Business Development Companies", dans lesquelles tout un chacun peut investir aux USA. Ces fonds collectent l'argent d'épargnants en leur promettant une liquidité périodique et prêtent ensuite cet argent sur plusieurs années à des entreprises. Tant que la demande pour ce type d'investissement est stable et que l'argent continue d'affluer, cette asymétrie de liquidité ne pose pas de problème, mais la machine se grippe lorsque la dynamique s'inverse.

Y a-t-il de la dette privée en Europe?

Oui! En Europe, la dette privée dépasse aujourd'hui les 400 milliards d'euros. Elle a pris son essor suite au renforcement des exigences de capitalisation imposées aux banques après la crise financière de 2008: des entreprises emprunteuses se sont tournées davantage vers des prêteurs privés. Les investisseurs de détail ne peuvent toutefois pas s'exposer directement à cet actif en Europe comme c'est largement le cas aux États-Unis. Les investisseurs européens qui s'exposent à la dette privée sont dès lors des investisseurs institutionnels ou qualifiés.

Pourquoi la dette privée inquiète-t-elle maintenant?

Ce qui a déclenché les inquiétudes, c'est la faillite de First Brands Group, un producteur de pièces automobiles financé à coups de milliards de dollars par des fonds de dette privée et dont les malversations financières furent mises au jour à l'automne 2025. Sa chute retentissante a placé la dette privée sous le feu des projecteurs. L'essor de l'intelligence artificielle met également de l'huile sur le feu en menaçant le modèle économique des entreprises de software as a service qui ont, elles aussi, largement eu recours à la dette privée pour financer leur croissance.

La dette privée avait été une boîte noire ces dernières années. Maintenant qu'elle s'ouvre, en sort un cortège de mauvaises surprises. Il n'en fallait pas plus pour attirer la méfiance des investisseurs et lancer une vague de retraits qui a mis en évidence les problèmes de liquidité de cette classe d'actifs.

Quelle est la liquidité de la dette privée?

Les fonds de dette privée prêtent à des entreprises à long terme, tout en promettant à leurs investisseurs qu'ils pourraient récupérer leur investissement périodiquement, typiquement tous les mois ou tous les trimestres. Au premier grain de sable dans la machine, les investisseurs se trouvent face à des fonds qui ne tiennent pas leurs promesses. Concrètement, faute de liquidités suffisantes pour faire face aux nombreuses demandes des investisseurs, les fonds se voient contraints de geler ou limiter les retraits. Ces restrictions ayant leur limite, ils se voient également forcés de vendre leurs actifs dans l'urgence à prix bradés, ce qui alimente davantage encore les incertitudes.

Alors que le climat d'incertitude pousse les investisseurs à vouloir récupérer leurs billes, plusieurs fonds de dette privée ont annoncé geler les retraits, dont le plus grand d'entre eux, l'entreprise cotée Blue Owl. Mais ce n'est pas la seule à envoyer des signaux inquiétants: New Mountain, 60 milliards de dollars d'actifs sous gestion début 2026, a cédé des prêts à un prix inférieur à celui auquel elle les avait évalués précédemment, libérant des liquidités pour rembourser ses investisseurs. Le fonds de dette privée de Morgan Stanley a plafonné les retraits, et les Apollo, BlackRock, et autres grands noms du secteur sont logés à la même enseigne.

Sommes-nous de retour en 2007?

Il est tentant de faire des parallèles avec les prémices de la crise de 2008 et de craindre une crise systémique. Jamie Dimon, le CEO de JPMorgan Chase, a déclaré: "Malheureusement, on a déjà vu ça en 2005, 2006 et 2007. C'était presque la même chose." Comme lors de la crise des subprimes, la dette privée est maintenant vendue à des particuliers américains en leur promettant une liquidité qui n'est aujourd'hui pas au rendez-vous.

Cependant, les réalités sous-jacentes divergent quelque peu. Les subprimes ont financé des prêts de mauvaise qualité pour de l'immobilier résidentiel. La dette privée, elle, englobe une catégorie très vaste: on pense au premier chef aux entreprises, comme celles de software as a service. Elle comprend aussi de l'immobilier et de l'infrastructure, aux collatéraux bien tangibles.

Par ailleurs, les leçons de 2008 ont été tirées, et les banques sont soumises à des obligations bien précises, portant entre autres sur leurs réserves de liquidité et leur gestion du risque. Ce cadre plus strict a certes favorisé l'essor de la dette privée mais reste un rempart pour l'investisseur particulier et l'ensemble du système financier. L'objectif est bien qu'un grain de sable ne puisse plus venir gripper toute la machine. Jamie Dimon a beau tenir les propos anxiogènes que nous évoquions plus tôt, il n'entend pas laisser passer les beaux rendements que peut offrir la dette privée: quelques mois après ses déclarations, en mars 2026, JPMorgan Chase, en tant que gestionnaire de fonds, lançait un nouveau fonds de dette privée afin de se positionner sur ce marché aux rendements prometteurs.

Comment la bourse mondiale protège-t-elle l'investisseur des chocs de marché?

La bourse mondiale n'est pas à l'abri des grains de sable dans différents secteurs, et des crises que ceux-ci peuvent, ou pas, entraîner. L'histoire a par contre démontré que, après une crise de quelque magnitude qu'elle soit, vient la reprise. Ainsi, entre 2003 et 2023, le S&P 500 a connu un retour annuel moyen de 10% en dépit de crises profondes l'ayant fait baisser notablement, en premier lieu la crise financière de 2008. Dès 2014, l'indice dépassait déjà son niveau d'avant la crise. En effet, la bourse mondiale a beau être impactée lors d'une crise, elle contient toujours les perdants et les gagnants. Quand un secteur plonge, quitte à en entraîner d'autres dans sa chute, tôt ou tard, d'autres secteurs alimenteront la reprise.

Comment se positionner en tant qu'investisseur face aux remous du marché?

Les investisseurs qui profitent des reprises sont ceux qui investissent régulièrement et s'y tiennent sur la durée. En investissant régulièrement, vous profitez de la bourse quand elle monte et vous achetez davantage pour une moindre somme quand elle baisse. Vous avez été là pour la chute, vous serez là pour la remontée. En ajustant votre allocation d'actifs en fonction de votre horizon temporel, vous laissez le temps au marché de se redresser après une baisse et de profiter pleinement des remontées.

Enfin, en investissant de manière diversifiée, vous étalez le risque et la volatilité inhérents à la bourse: votre investissement contient les perdants mais aussi les gagnants ce qui, dans l'ensemble, garantit la croissance de l'investissement. Votre atout majeur, en tant qu'investisseur, c'est le temps que vous faites travailler à votre profit en investissant et en restant investi dans la bourse mondiale.

 

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Vous ne misez pas sur un seul cheval qui, dans sa chute, vous entraînerait. Vous misez sur les perdants, peut-être, et les gagnants, qui en tirant la bourse vers le haut, garantissent une croissance à long terme.

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